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dimanche 31 mai 2009

Stimuli textuels

stimulus

 

Chers amis surfers du web 2.0,

L’heure est grave, je fais ma maline mais avant d’arriver à cent histoires hein…

En plus des commentateurs mal intentionnés essaient de transformer cet espace de discussion en forum de mode has been (cf les comments du post précédent… Koko et Griot je vous ai à l’oeil)

Donc voici ce que je vous propose : vous m’envoyez une image (photo ou dessin ou…) et j’essaie de vous écrire un texte.

Et même pour rigoler encore plus, je mettrais la photo ou le dessin en début de semaine et ceux qui veulent aussi écrire un texte pourront me l’envoyer.

On renverse le concept d’illustration si on veut, parce qu’on est drôlement fous !

Attention quelques règles cependant :

1 - On n’envoie pas de photos crados, ce serait fort inélégant. On sait se tenir quand même.

2 – Griot, n’y pense même pas ! interdiction totale de m’envoyer une photo d’un fétichiste mohair, je suis allergique, ça me gratte. En te remerciant.

3 – Si je ne vous écris pas le texte très vite, ne vous vexez pas. Des fois j’ai du boulot quand même (hum !)

 

Pour m’envoyer vos images et vos textes, une seule adresse :

        leonie (at) 1fille100histoires (point) fr

 

 

Edit de 16h37 :

Bravo Mesca pour ta réactivité ! Et merci pour cette photo bien étrange…

Voici donc l’image de la semaine :

 

Mesca

 

ça vous inspire ? Moi oui…

samedi 25 avril 2009

Dans la peau (partie 3)

Rhoo ben dites donc, vous avez vu ça, l’expo qui est ma source d’inspiration constante vient d’être interdite. J’espère que ça ne va pas causer des problèmes à M.D qui est toujours caché derrière son panneau…

our body

(Pour les besoins de l’histoire, je vous prie d’accepter que son ancienne voisine soit une chinoise qui est retournée dans son pays et qui a été condamnée à mort. En vous remerciant…)

Dans la peau (partie 1)

Dans la peau (partie 2)

 

Et voici la suite :

Monsieur D. s’était rapproché d’une autre silhouette dont les organes vitaux avaient été placés au bout de fines baguettes invisibles. A chacun de ses mouvements, les organes se déplaçaient comme s’ils voletaient autour de lui. A chacun de ses mouvements…

C’était tout bonnement impossible. Monsieur D. qui était d’un esprit plutôt rationnel, savait pertinemment que nos sens peuvent nous tromper. D’ailleurs, il n’y avait qu’à faire 5 mètres et lire le panneau sur les neurotransmetteurs pour avoir une idée de l’infinie complexité de la machinerie humaine. Mais une chose était sûre. Quand le corps est mort, il ne peut plus bouger.

Seulement voilà, tous les corps morts autour de lui étaient bel et bien en train de bouger, de s’étirer, de faire des rotations de tête, fatigués de leur journée d’immobilité. Seul le « tapis humain », enveloppe de peau vide ne bougeait pas. Le joueur d’échec le relava et s’en coiffa pudiquement, faisant une sorte de turban qui empêchait que l’on contemple son cerveau, découpé en plusieurs morceaux. Ils se rapprochaient, semblaient discuter mais leur cordes vocales, quand il leur en restait, n’émettaient que des secs chuintements assez désagréables. M.D sentit une goutte de sueur glacée perler sur son front. Il venait de penser à son amour de jeunesse, l’insaisissable Chuang-Mu, qui était là, tout près de lui. Au bord de l’asphyxie, il se tourna vers elle. Elle le regardait. D’un mouvement du globe oculaire, elle l’invita à s’approcher. Il fit un pas en dehors de sa cachette et toutes les silhouettes écorchées se tournèrent vers lui.

Il essaya de les ignorer et s’approcha de celle qu’il avait bien identifiée comme étant Chuang-Mu. Elle semblait n’avoir plus aucune force pour se tenir debout et s’appuya contre le mur. Il n’avait à présent plus aucun doute. Elle paraissait si gênée qu’elle baissait la tête, paraissant beaucoup plus timide qu’autrefois. Le cœur de Monsur D. battait si fort qu’il eut peur qu’il n’explose. Il faut dire que c’était comme s’il voyait une femme pour la première fois. Plus nue que nue… Il avança la main et prit sa belle à demi-écorchée dans ses bras pour la relever. Gardant les yeux baissés, très simplement, elle porta ses mains à sa poitrine et s’arracha le cœur pour le lui offrir. Toutes les silhouettes écorchées applaudir. Leur paumes dépourvues de peau produisaient un son étrange et peu chaleureux mais Monsieur D. apprécia. Il était si heureux qu’il tomba dans les pommes.

 

Un verre d’eau glacée suffit à le réveiller. Les gardiens étaient autour de lui, avec des figures peu amicales. Le commissaire de l’exposition, confortablement installé le toisait.

- ça va vous coûter cher.

Monsieur D. entra dans une rage folle et traita le commissaire d’exposition de trafiquant d’organes, de pornographe morbide et de maquereau de macchabées. Il allait révéler à tous le monde le calvaire que ces pauvre morts vivaient, à rester immobiles, impudiquement offerts au regard des autres. Il avait des relations, dit-il sur un coup de bluff et le lendemain il pouvaient faire interdire l’exposition.

- Peu importe, nous avons des dates prévues à New-York, à Tokyo, à Londres et partout dans le monde sur au moins 15 ans ! Par contre, vous allez devoir payer pour le corps que vous avez endommagé.

Monsieur D. eut beau expliquer qu’il avait eu en main lui avait été offert volontairement par sa propriétaire. Et que d’ailleurs il y tenait beaucoup. On lui en demanda 50 000 euros, le coût nécessaire pour plastiner un autre cœur et le transplanter. Monsieur D. n’avait pas cette somme mais pour conserver le présent, le sacrifice de Chuang-Mu, il était prêt à tout.

 

Après de longues heures de négociation, il trouva une solution. Il lui en coûta un bras, qu’il offrit de bon cœur.

 

 

FIN

 

(HA HA HA)

mardi 7 avril 2009

DANS LA PEAU (part 2)

Bon, moi je veux bien vous parler encore de mon déménagement mais quelque chose me dit que ça risque de devenir un tantinet lassant...

En plus ça fait une éternité qu'on a laissé ce pauvre  M.D à l'exposition de corps humains découpés... J'imagine que vous n'avez pas réussi à dormir tellemetnt le suspense était intense !

Alors voilà la suite (je ne sais pas trop où va nous mener cette histoire)

 

Il l’observait depuis une bonne heure déjà quand il eut la certitude qu’elle aussi l’observait.

C’était idiot mais il ne pouvait plus la quitter des yeux. Il contemplait sa moitié de visage éclairée d’un demi-sourire. Il se mit à rêver : si on réanimait son cœur et qu’on réinjectait du sang et de l’eau dans toute cette machinerie, elle lui dirait sans hésiter qu’elle s’était trompée et qu’elle regrettait beaucoup de lui avoir préféré cet abruti dont la désinvolture avait conduit directement au meurtre par poêle à charbon interposé. Elle lui dirait aussi de lui donner une deuxième chance, maintenant que son cœur était à nu, elle ne pourrait plus jamais lui cacher ses sentiments. C’était vraiment idiot.

L’heure de fermeture approchait, Monsieur D. essayait de ne pas se faire bousculer par les vagues de visiteurs, tant il redoutait de sentir leurs odeurs vivantes et leur peau moite. Emmené par une bousculade, il se trouva par hasard une cachette idéale, derrière un panneau qui expliquait de manière très pédagogique le fonctionnement de l’appareil uro-génital. Sans réfléchir il se cacha derrière. Et il attendit.

A force d’être immobile, il finissait lui aussi par ressembler à un cadavre qui attend d’être savamment découpé. Le musée était vide. Un technicien de surface fit son travail. Les lumières s’éteignirent.

Monsieur D. avait vaguement essayé de compter les minutes mais il avait perdu le fil. Il était concentré sur sa respiration, essayant d’être le plus discret possible. Mais les battements de son cœur lui semblaient assourdissant dans la tranquillité des cadavres. Ses yeux s’habituaient à peine à l’obscurité quand il vit une silhouette passer dans le fond de la salle. Il retint son souffle. Un gardien ? un visiteur curieux ou amoureux comme lui ? Peu probable.

A force d’écarquiller les yeux en restant immobile, il ressentait des brûlures un peu partout. Il déplaça tout son poids sur un pied et fit un mouvement de rotation de la tête. Il entendit un craquement. Puis un autre. Puis un autre. Ces craquements d’os ne venaient pas de son propre corps.

Il tourna la tête en direction de l’une des silhouette principale de l’exposition, un homme écorché en position absurde de jogger. Le jogger faisait comme tous les joggers après leur course, des étirements. Il appuyait sur son genoux et malaxait ses muscles apparents. Monsieur D. ferma les yeux en frissonnant. Il était resté trop longtemps. La fatigue et la faim lui jouaient des tours. Il se rassura, sautilla sur ses pieds pour faire circuler son sang. Puis il rouvrit les yeux.

Le jogger avait disparu.

vendredi 27 mars 2009

DANS LA PEAU (part 1)

 

Bon c’est pas possible, il ne se passe plus rien sur ce blog. C’est que j’ai la tête dans les cartons les amis (je vous en reparlerai bientôt d’ailleurs). Pour me faire pardonner un petit texte inspiré par la fameuse expo dont on a parlé une ou deux fois ici, à l’initiative de Griot des Buttes si je me souviens bien. J’attends d’ailleurs les commentaires de ceux qui l’ont vue, et j’ai les noms ! (même que si mes infos sont exactes, certains ont eu la gastro juste après…)

 

ourbody

 

Monsieur D. avait enfin son billet en main. Il était tout émoustillé, depuis le temps qu’il avait entendu parler de cette manifestation un peu spéciale, il n’avait pas arrêté d’y penser. Lui qui aimait tant regarder des corps sur internet, on peut dire que ça tombait plutôt bien. Des corps humains exposés, découpés bien proprement, avec leurs organes, leurs veines et leur système vasculaire. Voilà de l’inédit dans les sensations. Et puis il faut dire qu’il avait été vraiment troublé par la photo. Une femme, littéralement coupée en deux. Un côté, normal, avec la peau, les cheveux et tout, et l’autre côté, sans peau. Plus nue que nue. En la voyant son cœur s’était inexplicablement emballé et il avait été tenté de découper sa propre cage thoracique pour le voir batifoler comme un fou. Mais il n’était pas sûr de pouvoir tout bien remettre comme avant.

Les gens dans la file d’attente avaient l’air tout aussi énervés que lui. Sauf quelques jeunes impassibles, sûrement des étudiants en médecine qui voulaient montrer qu’ils avaient l’habitude et que c’était un spectacle bien banal pour eux. L’exposition était bien faite, didactique et au fur et à mesure des salles, l’énervement retombait et les gens baillaient et avaient mal aux jambes, comme dans n’importe quelle exposition. Mais Monsieur D., immobile sur un siège, ne s’ennuyait pas. Il était loin de ses semblables vivants et morts, son esprit planait, non pas dans des hautes sphères mais dans toutes les cellules du corps.

Car il l’avait retrouvée.

La femme de la photo trônait devant lui, superbe dans tout son dénuement. Et il savait pourquoi sa photo lui avait fait tant d’effet. Elle ressemblait à Carolina, la voisine de ses parents, pour qui il avait brûlé d’un amour secret et fou durant toute son adolescence. Un jour, apprenant qu’elle allait se fiancer, il avait tenté le tout pour le tout en lui demandant sa main, mais elle l’avait gardée pour elle et n’avait utilisé celle-ci que pour lui caresser la tête en lui disant qu’elle était trop vieille pour lui. Le fiancé qu’elle avait choisi, irascible snobinard, était dans la médecine d’ailleurs. Elle était morte asphyxiée par un poêle mal ramoné. D’ailleurs… L’idée fit son chemin dans sa tête, s’accrocha aux neurotransmetteurs et alla se ficher droit dans le cœur de Monsieur D.. Et si l’insupportable jeune médecin avait gardé son corps… et si…

Ses cheveux noirs, son corps élancé, ses pommettes hautes, c’était bien elle, là, devant lui. L’imprégnation polymérique de tous les tissus de son corps avait barré la route aux outrages du temps. Elle était là comme 15 ans auparavant. Il retrouvait d’un côté ses yeux, ses cheveux et sa peau fine, et découvrait de l’autre ses muscles, son cœur et son artère pulmonaire.

Il l’observait depuis une bonne heure déjà quand il eut la certitude qu’elle aussi l’observait…

 

 

(la suite bientôt… mais elle est pas encore écrite alors si vous voulez me poster votre propre suite je sauterai de joie en criant Youpi !)

mercredi 25 février 2009

Tete, epaules et genoux pieds, genoux pieds 2

genouxradio copy

« Les gens qui ont de grands pieds marchent généralement mal. Ce que les pieds ont en trop manque aux genoux. » (Lichtenberg, in. Le miroir de l’âme, José Corti, 1997)

 

Non mais je sais que je l'ai déjà mis, mais ça m'inspire cette histoire que voulez-vous... Et si, comme moi, vous êtes propriétaires de genoux et de pieds, vous devez vous sentir concernés.

Alors qu'est-ce que ça donnerait une petite scène entre un personnage qui marche bien et un personnage qui marche mal... c'est ce qu'on se demande tous, non ?

ça tombe bien, c'est ce que je me suis demandé samedi dernier avec les copains de l'atelier d'écriture de Carole Thibaut.

 

 

I - Un homme et  une femme sont assis à une table. Fin de déjeuner.

Lui – Je paie l’addition. Je vous aime

Elle – On s’est rencontré il y a à peine deux plats.

Lui – Nous avons pris la même entrée.

Elle – C’est vrai.

Lui – Nos plats étaient furieusement complémentaires et notre dessert...

Elle - partagé avec deux cuillères

Lui – Nous avons donc un long chemin à parcourir ensemble

 

II - Ils se lèvent et marchent côte à côte. Ils sont à contretemps, leurs têtes montent et descendent, pas en même temps.

Lui – Tu es belle !

Elle – Quoi ?

Lui –Tu es vraiment très belle

Elle – C’est gentil

Lui – Quoi ?

Elle – c’est gentil !

Lui - Nous ne nous entendons pas. Quand ma tête est en haut, la tienne est en bas.

 

III - Ils s’arrêtent, se prennent par le bras. L’homme marche vite, d’un pas sec et rapide. La femme marche mollement, quand il fait un pas, elle en fait trois.

Lui – Dépêche toi ma belle !

Elle – Quand tu fais un pas, j’en fais trois.

Lui – L’amour n’attends pas !

Elle – Mais on n’est pas pressés, regarde autour de toi !

 

IV - Ils s’arrêtent, se prennent par le bras et règlent leur cadence. Gauche, droite, gauche, droite. Bientôt l’homme est agacé, la femme essoufflée.

Elle – Je suis fatiguée

Lui – Déjà ? J’aime quand mes pieds touchent à peine terre, j’ai l’impression de m’envoler.

Elle – Quelle horreur ! j’aurais trop peur que la terre se dérobe.

Lui – ça ne risque pas d’arriver…

Elle - J’ai le genou fragile, il craque, tous les vingt pas, il doit se relaxer.

Lui – Mes jambes s’ennuient immobiles, même quand je dors elles marchent !

Elle – Prenons le bus !

Lui – Je ne sais pas…

Elle – Rappelle-toi tous ces bons souvenirs… Comment tu m’as abordée…

Lui – Vous déjeunez seule mademoiselle ?

Elle –Hélas oui..

Lui – Je peux me joindre à vous…

Elle –  vous avez commandé ?

Lui - L’œuf poché sur lit de poireaux.

Elle – moi aussi !

Lui – Je te voyais déjà allongée sur le lit de poireaux. Quel délice !

Elle – C’est important dans un couple, de s’entendre à table.

Lui – C’est important aussi d’être en bon état de marche. Soit je ne vois que ta tête qui monte et qui descend à contretemps... soit je t’attends éternellement…

Elle – Ton pas sec et nerveux résonne sur le pavé, ça me donne la migraine.

Lui – Bon alors. C’est ici que nos chemins se séparent ?

Elle –Passe par ici et moi par là

Lui – Adieu. Que ta route soit longue

Elle – Adieu. Marche bien à ton rythme.

 

(On s'amuse comme on peut, hein... )

(Je précise que j'ai écrit ça en 15 minutes. Quoi, ça sert à rien dans certains domaines de faire de la vitesse ? )

mardi 24 février 2009

Tete, epaules et genoux pieds, genoux pieds

genouxradio copy_thumb[4]« Les gens qui ont de grands pieds marchent généralement mal. Ce que les pieds  ont en trop manque aux genoux. »

(Lichtenberg, in. Le miroir de l’âme, José Corti, 1997)

C'est beau hein ?
C'est définitif, tu peux pas dire le contraire !  

C'est Olivier Apert qui nous avait donné cette phrase comme point de départ dans un atelier d'écriture (en 2004 je crois, c'est dire si je fais mes fonds de tiroir !!).

A partir de cette phrase, j'avais écrit mon propre aphorisme  :

Les pieds-gens marchent mal et les gens-genoux marchent trop.
Manquant d'écrous et de cran, les pieds-gens craquent en marchant.
Et les crampes, ces pièges en marche, malmènent le mou des gens-genoux,
qui s'emmêlent dans les marques, en marchant de trou en trou.

 

(lis-le à voix haute s'il-te-plaît. Merci !)
Je sais, ça nous plonge dans des abîmes de réflexions

 

Si t'as des aphorismes vrais ou inventés, pour ma collec', ne te gêne pas....