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jeudi 8 octobre 2009

La citation du jour

 

“Remarque 4 :

L’animal doué de raison a un besoin vital de maîtriser son environnement. C’est pour ça qu’il a créé la roue, le shampoing démêlant, les camps de concentration, le Coca-Cola, et peut-être même Nicolas Sarkozy.”

Chloé Delaume, J’habite dans la télévision, Pièce 11/27, Ed.Verticales, 2006

jeudi 2 juillet 2009

R.I.P

 

Oui je sais que Pina Bausch n’a pas inventé le moonwalk …

 

Moi quand j’ai appris que Michael Jackson était mort, ça m’a fait un peu le même effet que lors du décès de Jaques Martin  : “Tiens, ça faisait pas déjà au moins 15 ans qu’il était mort, lui ?”.

Désolée les fans, pour cette comparaison qui tue. Mais que voulez-vous, j’ai pas eu de révélation mystique avec Michael, moi. La première fois que je l’ai vu, photo d’une pochette de “Bad”, j’ai dit à ma mère “Haaa, elle est pas belle la dame !”. J’avais 6 ou 7 ans. Bravo les jugements sur le physique, moi !

Après, j’ai appris “Heal the world” à l’école, en 6ème. On y mettait tellement tout notre cœur à chanter cette chanson que quand je l’entends, j’ai l’impression d’être à la messe.”Plus près de toi mon Dieu” quoi… Bref, c’était déjà la fin de Michael.

Ha oui et puis aussi, je me suis bien tapée la honte en public lors d’une colo spectacle où on faisait une sorte de danse indéfinissable sur des extraits de “Beat it”. Je renonce à raconter, c’était vraiment trop conceptuel.

Et pour tous ceux qui se sentent orphelins musicalement, une consolation :  Quincy Jones n’est pas encore mort lui !

 

Par contre pour Pina Bausch ça m’a fait tout drôle. Je peux pas dire que j’étais une fan inconditionnelle vu que c’est seulement l’année dernière que j’avais vu un de ses spectacles. Mais coïncidence étrange, après 2 ans d’abonnement au Théâtre de la ville, on s’était dit “allez on se paye un Pina”. Et on s’est rendu compte que pour avoir le droit d’y assister, il fallait s’abonner pour  au moins 4 autres spectacles au Théâtre de la Ville !

Mais bon, on en a eu pour notre argent. En regardant  Wiensenland j’ai vraiment vécu des moments d’extase.

Déjà en arrivant, dépaysement devant un décor grandiose : un mur de végétation immense et une cascade sur scène. Limite tu sens le vent dans tes cheveux alors que tu es dans une salle de spectacle à Châtelet (et que tu sors des fameux tapis roulants de cette charmante stations). Et là, tu te retrouves à regarder des danseuse en robe de bal s’ébrouer dans la cascade en remplissant des seaux. Puis elles se versent l’eau sur les cheveux, épongent l’eau renversée avec ferveur et de grands sourires étranges.

C’était complètement absurde, oscillant entre des images d’une sensualité digne d’un film érotique des pays de l’est, et de vrais moments de comique pur. Oui oui je vous assure, on rigolait bien. Et le décor a basculé pour devenir une petite colline où les danseurs grimpaient pour se conter fleurette. Avec des moments de mime, de comique de répétition.

Et puis des fois, style de rien, ils s’envolaient, littéralement. Oui oui je vous assure, comme des petites hirondelles.

C’était donc drôle, magique et très troublant.

 

(Surtout qu’une des danseuse ressemblait à Carla Bruni-Sarkozy avec son sourire figé bizarre).

(Elle à droite, elle lui ressemblait trop, je vous jure !)

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(crédit Franck Fife AFP)

 

Et pourtant c’était même pas le spectacle vedette de la saison, mais moi c’est l’un de ceux que j’ai le plus apprécié. J’ai pas trouvé de vidéo de ce spectacle. Y’en a plein d’autres sur youtube, y compris le générique de “Parle avec elle” d’Almodovar. Mais je crois que c’est bon, tout le monde l’a vu non ?

Enfin tout ça pour dire que j’y pense d’autant plus que ce soir je vais au Théâtre de la Ville (Anne Teresa de Keersmaeker), et que j’ai reçu un mail où ils disent qu’ils sont tous tristes… ça va être l’ambiance…

vendredi 19 juin 2009

10 conseils pour ton court metrage

Dans les blogs de métablogging (à savoir où on te donne des conseils pour optimiser ton blog et avoir une audience intergalactique), ils disent que les billets en forme de liste numérotées, ça ramène plein de lecteurs. Et puis les conseils, ça marche toujours.

Alors si vous voulez bien, on va faire des listes de conseils.

 

Donc aujourd’hui, les amis, voici mes propres conseils personnels pour ne pas rater ton court-métrage.

 

D’où que je te donne des conseils, tu te demandes ?

C’est bien simple :

1. Je suis moi-même à l’origine d’un certain nombre de courts-métrages loupés, donc steuplé je parle d’expérience

2. Il se trouve que je fais des lectures et du script doctoring pour des projets divers de par mon activité professionnelle (ho c'est bon on arrête de rigoler) et ce genre de questions m'intéresse.
2bis.J’en ai vu un certain nombre, au kino ou ailleurs et récemment, j’ai voté pour les Lutins du court-métrage, donc là je viens d’en regarder une petite trentaine, ce qui m’a inspiré quelques-unes de ces réflexions de haute voltige.

 

 

Mais avant tout, je tiens à préciser qu’il est toujours préférable de faire un court-métrage loupé que pas de court-métrage du tout, bien sûr !

URSS-58-camera

Alors prends ta caméra, camarade !

 

Et on reprend la liste numérotée à zéro, tout le monde suit ? On y va !

  1. Regarde ta montre ! Les courts trop longs, c’est pas bon ! La longueur est pour moi une vraie question.  “Court-métrage” c’est vague, certes. On s’entend plus ou moins pour dire que c’est moins d’une heure. Mais 40 mn, ça peut être très long aussi ! Souvent les courts-métrages sont diffusés par paquets et le public est donc intransigeant avec l’ennui (pas comme dans le long ou tu peux davantage entrer en état de contemplation). Alors il vaut mieux faire court, si tu veux éviter que  le public soit gagné par le syndrome du “au suivant !” . Selon moi, l’intérêt de l’exercice des formes brèves, c’est d’aller à l’essentiel.
  2. Prends ton stylo ! A moins d’une idée visuelle géniale et super concept et expérimentale, moi, en général, j’aime pas trop les films qui veulent raconter une histoire sans scénario (surprenant hein ?). Un film ne peut pas reposer que sur une ambiance, sauf exception, il y a toujours des génies qui y arrivent. De même les visions et autres fantasmagories censées te plonger dans les profondeur de l’inconscient des perso, ben.. ça marche que quand le reste autour (histoires, caractères des personnage) est bien solide.
  3. Ne repose pas ton stylo tout de suite ! Quelque chose que je n’aime pas trop dans les courts et dans les longs d’ailleurs, c’est quand le film se termine sur une non-fin. Même pas une fin ouverte, une non-fin. On aurait pu l’arrêter dix minutes avant, cinq minutes après.. on ne sait pas. Bon effectivement, les courts-métrages dits “à chute”, on en a vu des tonnes et c’était tellement systématique que ça en devenait banal. Mais quand même, laisser son spectateur errer comme ça, je trouve ça plus facile qu’intrigant, personnellement.
  4. Non, ne le repose pas encore ! Et écris les dialogues de tes acteurs, à plus forte raison s’ils sont débutants ! L’impro ça peut être génial, mais c’est presqu’un métier en soi et tu ne peux pas demander à quelqu’un qui fait ses premiers pas devant une caméra de dire des trucs géniaux en les inventant à la volée. Sinon t’as ça : “Allo salut c’est moi, je voulais te dire eeuuuh ben en fait euuuh il m’arrive un truc un peu bizarre tu vois euuuuh” (oui ma fille, tu es devant une caméra et tu ne sais pas quoi dire, en effet, c’est bizarre)
  5. Attention aux personnages silhouettes ! Ils sont fourbes. Tu les vois dans ta tête, ils sont un peu lunaires, paumés, voire quasi-muet et tu as l’impression que tu peux faire passer plein de choses juste en les mettant dans des situations cocasses où ils se conduisent de manière grotesque… Espérons que ces impressions survivront au passage à l’écran. Là encore, ce genre de configuration ne demande pas un acteur mais un dieu du mime et que ton univers soit très poétique. Rien que ça quoi…
  6. Arrête de te regarder réaliser ! Juste un exemple : un plan large, une route qui va d’un point de l’écran à l’autre. Un personnage ou un véhicule apparaît au loin et parcourt toute la route et par là même tout l’écran. Que c’est beau.. et surtout, que c’est dans un film sur trois ! Si le paysage est pas mortel en plus, c’est un plan qui endort le spectateur. Et le pire : quand le personnage/véhicule arrive au bout de son chemin, il s’apprête à sortir du cadre, et là, panoramique pour le suivre. Ton spectateur se dit que ce plan ne va jamais s’arrêter et il a envie de se suicider.
  7. Mets du fond dans ta forme ! Par exemple c’est sûr que c’est trop mortel d’avoir la même scène successivement filmée sous différents angles, genre comme si c’était le point de vue de différents personnages qui ont chacun leur propre vision de la scène ! Whaou ! Effectivement c’est cool, sauf si la scène en question n’a absolument aucun intérêt. Genre une fille qui mâche un chewing gum quoi. Oui je sais dans Elephant ça marche. Mais bon dans Elephant si tu veux, on sait ce qui est censé arriver, on sait vers quelle tragédie s’acheminent les différents personnages…
  8. Aiguise tes ciseaux ! Dans l’écriture ou dans le montage, il ne faut pas hésiter à couper sans états d’âme. Aller à l’essentiel, tailler dans le gras, remettre du nerf… Enlever, modifier, ciseler, c’est presque le plus gros du travail !

 

Ha je suis bien contente, j’ai l’impression d’avoir fait un texte de méthode à l’américaine avec des commandements et tout (on en reparlera vous verrez). Comment ça y’en a pas 10 ? Ha oui tiens c’est vrai. Mais j’ai plus d’idées là, c’est bête … à vous de trouver les deux derniers…

En fait j’ai surtout mis les trucs qui me semblaient important à préparer en amont parce qu’évidemment sinon on peut continuer longtemps comme ça : achète un micro sinon on entend rien, évite que ton son soit désyncho, évite de filmer des scènes horrifiques dans le noir, parce que quand on a du mauvais matos ça fait une image marron qui plutôt rire que peur.. etc etc...

 

Mais quand même, un dernier petit conseil pour la route :

si tu as réussi à éviter tous ces écueils et que tu as réalisé un chouette court-métrage,  bien écrit, bien filmé, avec une vraie tension et tout, bouge-toi pour le montrer partout et surtout ne le cède pas à un réalisateur moins talentueux qui va en faire un remake marronnasse avec des fautes d’orthographe !

Merci.

 

 

  La semaine prochaine, je vous fais une liste de conseils pour bien acclimater son chboing à son nouvel environnement.

vendredi 22 mai 2009

QUELLES NOUVELLES DE CANNES ?

 

Cannes, Cannes, Cannes… qu’est-ce que c’est chiant, surtout quand on suit ça de loin.

Les journalistes extatiques à la radio qui jouent à qui dira le plus “inventions de cinéma”,  “moments d’émotion incroyables”, “scandales”, “buzz” etc… Et ce défilé de pseudo-people, toute cette magie cannoise... Overdose !

Limite ça me rappelle d’horribles souvenirs de mon enfance, quand il y avait le Paris Dakar à la place de Cat’s Eyes.

Heureusement parfois, on est contents d’avoir des nouvelles de vraies stars : Pascaline et Esmeralda, les femmes panthères lilloises.

Nous autres les gens du nord, on les connaît bien. Deux silhouettes familières qu’on peut voir dans tous les événements où il y a des caméras. Comme dirait le Griot des buttes Chaumont, ce sont un peu les Paris Hilton ch’tis.

 

En beaucoup plus sympa quand même.

 

 
hahaha la magie de Cannes en prend un coup, non ?
 
Et si vous voulez en savoir plus sur ces icônes, allez voir cet article qui n'est pas tout récent, ce qui n'enlève rien à sa grande qualité...

mardi 5 mai 2009

Tatoue-moi !

 

 

Il paraît qu’il y a des gens qui se demandent si internet nous rend bête.

Quand même, moi je trouve que grâce à Internet mon horizon s’est considérablement élargi, enrichi, et je découvre chaque jour mille et une choses dont je n’aurai même pas imaginé l’existence dans mes rêves les plus oufs.

 

 

 

 

Par exemple que des gens pouvaient avoir ce genre de tatouage : 

 

patrick-swayze_1392150i

Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

  Voir l’original et le très bon commentaire  ici

 

Moi je dis chapeau l’artiste au tatoueur ! Et à celui qui lui a commandé cette œuvre picturale corporelle, véritable ode à la fantaisie.

Si c’est vraiment Patrick Swayze, saluons aussi le cinéphile qui a donné vie à l’une des répliques cultes de Dirty Dancing : “Arrête de courir après ton destin comme un cheval sauvage”, ou à peu près.

(ça se voit que j’ai un DEA de cinéma, hein ?)

 

 

Et maintenant petit exercice pratique :

- Quelle peut être la psychologie, l’histoire, le quotidien d’un personnage qui aurait ce tatouage ?

- Est-ce que ça marche pour draguer ?

- Et si ce tatouage parlait, que dirait-il ??

 

Et là tout un champ de possibles insoupçonnés s’ouvre à nous………………… Merci Internet !

 

 

(Edit de 15h38 : Comme Griot laissez-vous guider par la poésie de ce tatouage et rejoignez-nous à bride abattue dans les comm...)

mercredi 22 avril 2009

Une bien belle pub

Je ne saurais vous décrire l’embouteillage de questions, de réactions et de sentiments qui se sont emparés de moi à la vue de ça :

 

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Un beau slogan, une image qui parle à tout le monde et qui donne envie d’acheter un billet d’avion dans la minute qui suit, vraiment c’est une belle réussite.

 

 

Voilà, grâce à moi vous savez où passer vos prochaines vacances !

 

 

 

 

PS : N’empêche que ça a retenu mon attention et que du coup j’ai mené ma petite enquête auprès d’une amie autrichienne(reviens vite Sara !). Elle a d’abord été super étonnée et puis elle a réussi à décrypter cette image : quand on regarde bien bien la photo on voit une foule en bas. Vous aurez bien sûr reconnu le Life ball, un grand rassemblement festif devant l’hôtel de ville de Vienne où tout le monde porte des tenues extravagante (en effet !) et dont les recettes sont versées à la recherche contre le Sida. Tout s’éclaire…

jeudi 19 mars 2009

LA FICTION FRANCAISE C EST NUL !

Aujourd’hui moi aussi j’ai plein de nanalyses (oui une nanalyse, tu connais pas ?) à faire sur la fiction française !

A ceci plusieurs raisons

PREUMSO : un article de mon chouchou Samuel Gontier qui se moque de la série de TF1 Seconde Chance, et auquel, vous remarquerez, j’ai laissé un commentaire. Samuel s’étonne du fait qu’un personnage arrive apparemment sans raison dans les locaux de la boîte de pub que tous les personnages travaillent, ont travaillé ou travailleront dans cette boîte et que sinon ils vont dans un café impersonnel. Son article est drôle et bien vu, c’est vrai que ça paraît absurde.

Mais les responsables qu’ils pointe du doigt sont innocents !

 

elena_lenina_sur_le_tournage_de_star_date_image_diaporama_paysage copyBen oui si ça ne tenait qu’aux scénaristes, les personnages iraient au Monoprix, à une expo de corps humains, au Mac Do, à un concert de roi de la pop mort vivant ou même dans l’espace ! et ils prendraient le métro, notamment la ligne 7bis (ha non ça ce serait pas crédible).

Hé oui, ça ferait plus naturel comme dans la vie… Mais il y a des contraintes de lieux parce que ben… ça coûte cher ! Dans le théâtre classique ou le boulevard par exemple, on passe pas notre temps à se demander “Mais pourquoi diable se parlent-ils dans le couloir entre deux portes, dis donc ?”.

On accepte, ça fait partie du contrat entre le spectateur et la scène, on sait qu’on doit faire un effort d’imagination et c’est ce qui rend le théâtre magique.

Dans la télé, on veut pas du magique, on veut du crédible.

Mais comme dans tous les domaines du monde fabuleux du travail, les scénaristes ont un cahier des charges et tout est dicté par des contraintes budgétaires ! Alors si on a trois lieux on a trois lieux. Et d’ailleurs ce serait bien de répartir équitablement les trois lieux dans chaque épisode, hein, qu’on construise pas un décor pour rien. Et là le casse-tête commence, à savoir, comment faire pour que les personnages se rencontrent, se parlent, que 30 % des scènes ait lieu dans l’entreprise, 30% à la maison et 30% au café ? De là, la surabondance de personnages qui tiennent un café, parce qu’ils sont bien pratiques !

Et puis à mon avis, caser “On a tous droit à une seconde chance” dans chaque épisode de Seconde Chance, c’est aussi dans la bible (oui on dit la bible, pas le cahier des charges, c’est quand même plus spirituel).

D’un point de vue “Ecriture”, moi je trouve ça stimulant, on a l’impression de faire un sudoku géant. ça donne un côté Oulipien et ludique en même temps que des repères rassurants. Y’a pas de page blanche, y’a des cases, à nous de les remplir astucieusement… Bon j’arrête avec ma métaphore du sudoku, moi, je pense qu’on a compris l’idée.

D’un point de vue de spectateur par contre, ça donne une impression d’enfermement (il y a peu d’extérieurs, ça coûte cher les tournages en extérieur) ou d’absurdité.

C’est dommage, mais ça ne risque pas de s’arranger parce que c’est pas pour dire mais j’ai pas l’impression que le financement de la fiction soit au coeur des préoccupations des chaînes en ce moment. La téléréalité et les rediffusions, ça coûte moins cher et l’audience est déjà acquise !

 

DEUZ’: Heureusement une lueur d’espoir quand même dans le journal dans sa tête de Jean-Christophe : c’est la fin de l’ère du conflit lumineux.

Maître Koko vous dirait que pendant longtemps les producteurs et les chaînes ne juraient que par le conflit lumineux. A savoir le personnage a un choix à faire : l’un est bon, l’autre est mauvais et ouf, il choisit le bon. Mais le spectateur n’a aucun doute, Julie Lescaut ou Navarro ne deviendront jamais des  ripoux !

ça fait approximativement 2014 ans que la tragédie grecque a inventé le fatum pour que les personnages commettent l’irréparable et 373 ans que Corneille nous a démontré l’efficacité d’un dilemme insoluble mais c’est pas grave. A la télé, les personnages ont longtemps été entiers et lumineux. Lisse et chiants quoi.

Heureusement il semblerait qu’enfin les masques tombent, que les fêlures apparaissent… Et là on s’apercevra que les incongruités de décor, c’est quand même pas le plus grave !

 

Pour conclure : La fiction télé est un domaine duquel on ne peut pas dire “c’était mieux avant !”.

Seconde Chance a beaucoup de défauts mais quand même, sur la même chaîne à la même heure, souvenez-vous

(Attention les âmes sensibles, ça colle des crises d’angoisse. Moi j’ai tenu 2minutes 53 en sautant l’insoutenable générique… et vous ?)

OU alors le film d’horreur du dimanche soir sur Antenne 2…

 

Au secours faut que j’aille vomir !

mardi 17 mars 2009

Human Tetris

 

Je suis désolée y'a pas grand chose en ce moment sur ce blog... Les projets fous et so Web2 viendront bientôt...

Pour l'instant, je dois jouer à Tetris

 

 

vendredi 13 mars 2009

Mon oeil au poste

 

Quand j'étais petite ado, je voulais faire Alain Rémond comme métier plus tard. r
A savoir regarder la télé et écrire des blagues dans la dernière page de Télérama. Je me souviens encore de certains de ses "Mon oeil" sur la mode immonde des chemises bicolores (bleue avec le col et les poignets blancs, arg) chez les hommes politiques et les présentateurs télé, ou sur la fourberie d'objets apparemment inoffensifs comme les cintres. J'essayais tout le temps de deviner sur quoi allait porter sa chronique et c'était d'ailleurs ce que je lisais en premier.

Même qu'une fois, il devait venir à un débat au théâtre de Valenciennes, qui venait juste d'être construit. J'étais trop trop trop contente de le voir en vrai. Et là je me suis aperçue que j'étais loin d'être la seule à vouloir faire Alain Rémond plus tard... en plus il était même pas là. Il y a eu un "Hoooo" dans la salle. On allait pas casser les sièges, mais bon on était quelques ados vraiment vraiment déçus.

Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que la dernière page de Télérama ces derniers temps est juste chiante, pas drôle, ennuyeuse à mourir. François Gorin nous inflige ses réflexions dans une prétendue lettre à sa nièce Zélie. J'en oublie le sujet cinq minutes après l'avoir lue. L'auteur a  l'air d'avoir saisi les procédés : faire des rapprochements entre deux émissions ou entre deux personnes pour créer un truc un peu surréaliste. Mais ça ne prend pas DU TOUT. A tous les coups, Zélie n'ouvre plus son courrier la pauvre. Il a même essayé un moment de faire "la lettre de Zélie" à une personnalité. C'est concept, mais ça a duré quelques semaines tellement c'était loupé.

Donc voilà, il faut vraiment du talent pour rigoler sur la télé et j'étais loin de le mesurer ! Surtout que de nos jours, c'est presque bizarre de s'esclaffer à contretemps, sur des émissions de la semaine dernière, alors qu'on peut lire des dizaines de critiques un peu partout sur internet dans la minute qui suit.

Et pourtant il existe le successeur d'Alain Rémond, au sein même de Télérama : c'est Samuel Gontier.  
Je vous ai fait une petite sélection d'articles dans son blog "Ma vie au poste" :

-  sa passion dévorante pour Ingrid Chauvin (c'est un running gag qui dure depuis Dolmen)

-  la démonstration que les journalistes de Télérama sont en fait des fans inconditionnels de Morandini et de Delarue et qu'ils écrivent des articles pas sympas par pudeur

- Un diagnostic de Dr House au secours de la croissance

- Les mouvements de sourcils de Laurence Ferrari (dont la vidéo a disparu, pourquoi ? Cette vérité dérangeait-elle trop à TF1 ?)

- Un appel à la liberté de pub sur France Télévision avec un hommage émouvant à la pub Activia

- La révélation d'un scandale qui a visiblement été étouffé : la déprogrammation de "Balto 3, sur l'aile du vent" sur TMC à Noël au profit de la messe célébrée par Benoît XVI...

 

Alors voilà je voudrais que Samuel écrive ses chroniques dans la dernière page de Télérama, pour les petits ados d'aujourd'hui et pour les plus vieux aussi (ça aide à déculpabiliser quand on a regardé Miss Swan, quoi !)

mercredi 4 mars 2009

Wanted : le sniper hoqueteux

 

Dites donc, y'en a qui savent qui est l'auteur de ce film, et de quelle année il date ??

 

 

 

 

 

J'arrive pas à trouver...

lundi 23 février 2009

Voix off (et teen movies) 2

angela 

Dans ma quête de la voix-off d'ado, je me suis un peu replongée dans ma série fétiche de mes 16 ans, à savoir My so-called life (Angela, 15 ans en french) qui passait à l’époque sur Jimmy.

Parce que je me rappelais que la voix-off était très très présente et quand elle parlait Angela, je me disais « ho ouais mais c’est trop vrai, je ressens exactement la même chose »
et même que ça pouvait carrément me mettre les larmes aux yeux. J’ai eu peur qu’avec le grand nombre d’années accumulées depuis, mon regard soit devenu un peu plus critique… Bon ça va, j’ai pas pleuré ! Pas à tous les épisodes quoi…

Bon évidemment le potentiel d’identification était un peu énorme : dès le pilote, elle s’amuse à demander des pièces aux passants avec des prétextes foireux, et elle se teint les cheveux en rouge, pardon en « Crimson glow ». Quand j’ai découvert la série, j’avais le même âge et je faisais la même chose. Tout pareil.

- Vous avez pas 2 francs c’est pour appeler ma maman pour qu’elle vienne me chercher parce que j’ai raté mon bus parce que … (je voudrais m'acheter un paquet de 10 quoi ! Ouais on avait pas msn mais on pouvait aller dans des cabines téléphoniques et on pouvait s'acheter des paquets de 10 clopes... même que des fois on avait des Tatoo pour communiquer alors hein, la grosse classe).

Mais en la regardant à nouveau, je pense qu’on peut dire que cette série est vraiment chouette, et pas seulement parce qu'elle explose le quota de surchemises à carreaux dans un même plan. Mais aussi parce qu'elle est super bien écrite. Vraiment. Y’a plein de petits jeux de montage, de répliques en écho qui sont dites par plusieurs personnages et qui signifient complètement autre chose selon que ce sont les parents ou les ados qui les prononcent… Les personnages sont bien creusés et puis la voix-off est magistrale. Point barre.

Alors niveau voix-off/scènes d’exposition, ça donne ça :

Elle se marre avec sa nouvelle cops dans la rue et elle dit :

 « J’ai commencé à traîner avec Rayanne juste pour le fun ou plutôt parce que si je ne le faisais pas, c’est comme si j’allais mourir ou quelque chose comme ça » (désol je suis pas traductrice)

« Les choses venaient à moi, comme les gens, et ils s’attendent toujours à un certain type de comportement de votre part »

« et les pom-pom girls.. mais les gens ne pourraient-ils pas s’encourager tout seuls, dans leur coin ? »

(elle se teint les cheveux)  “alors quand Rayanne m’a dit que mes cheveux m’empêchaient d’aller de l’avant, je l’ai écoutée parce qu’il ne s’agissait pas seulement de mes cheveux, mais de ma vie. »

Sans oublier le « School is a battlefied for your heart »

Haha.. on a moins envie de dire LoL tout de suite...

Non mais ça peut paraître un peu mélodramatique écrit comme ça mais la voix-off s'intègre toujours en jouant avec le dialogue et l’image. Elle leur donne une autre couleur (un peu crimson glow ?). Les événements insignifiants deviennent des questions de vie ou de mort, et en quelques minutes d’exposition on passe de l’euphorie au désespoir, et inversement. Et on se rappelle vraiment bien à quel point c’était chiant d’être ado.

http://www.youtube.com/watch?v=N-8MmqM-glQ&hl=fr

 

En tout cas, la voix-off permet de donner un autre éclairage et de décoller de la fiction. Ce qui me paraît être la moindre des choses et ce serait dommage de pas s'en servir.

Facile à dire, hein ?

(Inutile de préciser que si je décide de mettre une voix-off ce sera encore plus drôle et original et foumaboul qu’une série qui a bientôt 15 ans, hein…)

Voix off (et teen movies)

                                                        

Il faut que je vous dise, je suis en train d’écrire un film. Ouais. Hééé ouais. Un film dont l’héroïne est une ado (en vrai y’a plein d’autres chlol copyoses fichtrement originales, inédites et oufmalades, heureusement). Toujours est-il que je me pose beaucoup de questions sur l’utilisation de la voix-off.

Alors on sait bien que dans un scénario la voix-off c’est un peu le truc des paresseux et c’est assez dangereux. On veut créer une plus grande intimité avec le personnage et en fait ça sort complètement les spectateurs de la fiction.

A la troisième personne, c’est très littéraire, on se sent comme dans un conte (« Il y a bien longtemps de cela… »), mais après tout, on veut parfois entendre des contes, même au cinéma, non ?

Quant à la première personne, ça me paraît assez naturel quand c’est un ado qui parle, ça fait très « Cher journal… », et l’adolescence est la période par excellence, où on a plein d’idées bizarres et où l’intérieur n’est pas en accord avec l’extérieur… trop dur la laïfe, quoi.

En scène d’ouverture, c’est quand même bien pratique, ça permet d’économiser tout un tas de scènes de présentation des perso, mais des fois c’est tellement voyant que bon…

Exemple pris au hasard : « Je m’appelle Lola, mais tout le monde m’appelle Lol. C’est la rentrée, tous mes amis m’ont grave manqué. Alors là ce sont mes deux meilleures copines et lui ben c’est mon petit ami et lui ben en fait c’est grave mon meilleur pote et c’est aussi le meilleur pote de mon mec. Il est trop génial, je l’adore. Elle la blondasse, c’est une grosse tepu. »

Voilà désol je cite de mémoire et je caricature (pas beaucoup ceci dit). Déjà, on l'appelle presque pas Lol dans le film, alors tout ça pour ça, je te jure ! Et la voix-off est un peu grave redondante parce qu’on a quand même vite fait d’identifier qui est qui... [Allez ! Les filles qu'elle tient par le bras ce sont ses copines et la blondasse habillée comme une pouf qui se met du gloss, c’est pas sa meilleure amie, ALLEZ !]

Et en plus ben ça grille la suite puisqu’on a un peu deviné au bout de 1 minute qu’elle va finir dans les bras du meilleur pote qui est quand même beaucoup plus beau que son copain actuel.

Y’a quand même un petit truc drôle quand elle dit quelque chose du genre :
« là on est au ralenti parce que dans les films américains, les belles meufs du lycée elles arrivent au ralenti. Mais bon, nous on est en France »
et hop on passe en vitesse normale.

C’est sympa, j’avoue, genre on est grave dans la distance extra-diégétique (tu as oublié ce mot qui fleure bon le commentaire composé ? en dehors de la diégèse, de l’intrigue quoi).
On cause soudain de la forme du film, c’est trop mdlol ! Malheureusement on n’a pas d’autres jeux de ce genre, donc ça reste grave un coup pour rien, je trouve…

Dans la suite du film, la voix-off commente ce qui se passe, point barre. Au niveau combat intérieur on a juste des phrases du genre « Comment je pourrais leur faire aussi mal qu’ils me font mal !? » , "des fois on aime les gens si fort que ça fait mal". Wow…  ça fait mal la vie, hein ?
Si le but c'est de nous refourguer des chansons de Christophe Maé, merci bien le placement de produit.

Pour ceux qui n'ont pas vu, la voix off est à peu près aussi didactique dans le film que dans la bande annonce. Heureusement elle se tait assez vite et on peut, sans être gêné, se perdre dans la contemplation capillaire...

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18852848&cfilm=134003.html

 

(Toi le fan, ça va, calme-toi, j'ai pas dit que le film était nul, juste que la voix off est poussive et que ça fait carrément peur dans les premières minutes...)