DANS LA PEAU (part 2)
Par 1fille100histoires le mardi 7 avril 2009, 18:05 - Fun Writing - Lien permanent
Bon, moi je veux bien vous parler encore de mon déménagement mais quelque chose me dit que ça risque de devenir un tantinet lassant...
En plus ça fait une éternité qu'on a laissé ce pauvre M.D à l'exposition de corps humains découpés... J'imagine que vous n'avez pas réussi à dormir tellemetnt le suspense était intense !
Alors voilà la suite (je ne sais pas trop où va nous mener cette histoire)
Il l’observait depuis une bonne heure déjà quand il eut la certitude qu’elle aussi l’observait.
C’était idiot mais il ne pouvait plus la quitter des yeux. Il contemplait sa moitié de visage éclairée d’un demi-sourire. Il se mit à rêver : si on réanimait son cœur et qu’on réinjectait du sang et de l’eau dans toute cette machinerie, elle lui dirait sans hésiter qu’elle s’était trompée et qu’elle regrettait beaucoup de lui avoir préféré cet abruti dont la désinvolture avait conduit directement au meurtre par poêle à charbon interposé. Elle lui dirait aussi de lui donner une deuxième chance, maintenant que son cœur était à nu, elle ne pourrait plus jamais lui cacher ses sentiments. C’était vraiment idiot.
L’heure de fermeture approchait, Monsieur D. essayait de ne pas se faire bousculer par les vagues de visiteurs, tant il redoutait de sentir leurs odeurs vivantes et leur peau moite. Emmené par une bousculade, il se trouva par hasard une cachette idéale, derrière un panneau qui expliquait de manière très pédagogique le fonctionnement de l’appareil uro-génital. Sans réfléchir il se cacha derrière. Et il attendit.
A force d’être immobile, il finissait lui aussi par ressembler à un cadavre qui attend d’être savamment découpé. Le musée était vide. Un technicien de surface fit son travail. Les lumières s’éteignirent.
Monsieur D. avait vaguement essayé de compter les minutes mais il avait perdu le fil. Il était concentré sur sa respiration, essayant d’être le plus discret possible. Mais les battements de son cœur lui semblaient assourdissant dans la tranquillité des cadavres. Ses yeux s’habituaient à peine à l’obscurité quand il vit une silhouette passer dans le fond de la salle. Il retint son souffle. Un gardien ? un visiteur curieux ou amoureux comme lui ? Peu probable.
A force d’écarquiller les yeux en restant immobile, il ressentait des brûlures un peu partout. Il déplaça tout son poids sur un pied et fit un mouvement de rotation de la tête. Il entendit un craquement. Puis un autre. Puis un autre. Ces craquements d’os ne venaient pas de son propre corps.
Il tourna la tête en direction de l’une des silhouette principale de l’exposition, un homme écorché en position absurde de jogger. Le jogger faisait comme tous les joggers après leur course, des étirements. Il appuyait sur son genoux et malaxait ses muscles apparents. Monsieur D. ferma les yeux en frissonnant. Il était resté trop longtemps. La fatigue et la faim lui jouaient des tours. Il se rassura, sautilla sur ses pieds pour faire circuler son sang. Puis il rouvrit les yeux.
Le jogger avait disparu.
Commentaires
Moi je sais, moi je sais !
Monsieur D. se fait attraper par les mannequins, ils le plastinent vivant et après ils l'exposent parmi eux !
@Koko : Hmmm... peut-être...
Non, moi je sais... Il leur parle et eux réussissent à le convaincre que c'est lui qui est mort, que eux sont bel et bien vivants. Genre, c'est lui, le bizarre dans l'histoire. Là, il devient un peu fou, monsieur D... parce qu'évidemment, après, il remarque plein de trucs étranges et il y croit à cette affaire...
Ok, c'est bon, je ne suis pas scénariste, moi !
Merci pour vos idées les amis (tu te défends bien Rima, tu te défends bien, t'aurais pas vu genre le 6ème sens y'a pas longtemps ??).
Moi, à mon avis la fin sera un peu plus réaliste quand même, genre Monsieur D. a un petit creux et son péché mignon c'est le foie alors il goute un petit morceau et se retrouve tout malade à cause que c'est tout plasticiné. Sympa, non ?