10 conseils pour ton court metrage
Par 1fille100histoires le vendredi 19 juin 2009, 14:16 - SuVuLu - Lien permanent
Dans les blogs de métablogging (à savoir où on te donne des conseils pour optimiser ton blog et avoir une audience intergalactique), ils disent que les billets en forme de liste numérotées, ça ramène plein de lecteurs. Et puis les conseils, ça marche toujours.
Alors si vous voulez bien, on va faire des listes de conseils.
Donc aujourd’hui, les amis, voici mes propres conseils personnels pour ne pas rater ton court-métrage.
D’où que je te donne des conseils, tu te demandes ?
C’est bien simple :
1. Je suis moi-même à l’origine d’un certain nombre de courts-métrages loupés, donc steuplé je parle d’expérience
2. Il se trouve que je fais des lectures et du script doctoring pour des
projets divers de par mon activité professionnelle (ho c'est bon on arrête de
rigoler) et ce genre de questions m'intéresse.
2bis.J’en ai vu un certain nombre, au kino ou ailleurs et
récemment, j’ai voté pour les Lutins du court-métrage, donc là je viens d’en regarder une
petite trentaine, ce qui m’a inspiré quelques-unes de ces réflexions de haute
voltige.
Mais avant tout, je tiens à préciser qu’il est toujours préférable de faire un court-métrage loupé que pas de court-métrage du tout, bien sûr !
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Alors prends ta caméra, camarade !
Et on reprend la liste numérotée à zéro, tout le monde suit ? On y va !
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Regarde ta montre ! Les courts trop longs, c’est pas bon ! La longueur est pour moi une vraie question. “Court-métrage” c’est vague, certes. On s’entend plus ou moins pour dire que c’est moins d’une heure. Mais 40 mn, ça peut être très long aussi ! Souvent les courts-métrages sont diffusés par paquets et le public est donc intransigeant avec l’ennui (pas comme dans le long ou tu peux davantage entrer en état de contemplation). Alors il vaut mieux faire court, si tu veux éviter que le public soit gagné par le syndrome du “au suivant !” . Selon moi, l’intérêt de l’exercice des formes brèves, c’est d’aller à l’essentiel.
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Prends ton stylo ! A moins d’une idée visuelle géniale et super concept et expérimentale, moi, en général, j’aime pas trop les films qui veulent raconter une histoire sans scénario (surprenant hein ?). Un film ne peut pas reposer que sur une ambiance, sauf exception, il y a toujours des génies qui y arrivent. De même les visions et autres fantasmagories censées te plonger dans les profondeur de l’inconscient des perso, ben.. ça marche que quand le reste autour (histoires, caractères des personnage) est bien solide.
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Ne repose pas ton stylo tout de suite ! Quelque chose que je n’aime pas trop dans les courts et dans les longs d’ailleurs, c’est quand le film se termine sur une non-fin. Même pas une fin ouverte, une non-fin. On aurait pu l’arrêter dix minutes avant, cinq minutes après.. on ne sait pas. Bon effectivement, les courts-métrages dits “à chute”, on en a vu des tonnes et c’était tellement systématique que ça en devenait banal. Mais quand même, laisser son spectateur errer comme ça, je trouve ça plus facile qu’intrigant, personnellement.
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Non, ne le repose pas encore ! Et écris les dialogues de tes acteurs, à plus forte raison s’ils sont débutants ! L’impro ça peut être génial, mais c’est presqu’un métier en soi et tu ne peux pas demander à quelqu’un qui fait ses premiers pas devant une caméra de dire des trucs géniaux en les inventant à la volée. Sinon t’as ça : “Allo salut c’est moi, je voulais te dire eeuuuh ben en fait euuuh il m’arrive un truc un peu bizarre tu vois euuuuh” (oui ma fille, tu es devant une caméra et tu ne sais pas quoi dire, en effet, c’est bizarre)
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Attention aux personnages silhouettes ! Ils sont fourbes. Tu les vois dans ta tête, ils sont un peu lunaires, paumés, voire quasi-muet et tu as l’impression que tu peux faire passer plein de choses juste en les mettant dans des situations cocasses où ils se conduisent de manière grotesque… Espérons que ces impressions survivront au passage à l’écran. Là encore, ce genre de configuration ne demande pas un acteur mais un dieu du mime et que ton univers soit très poétique. Rien que ça quoi…
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Arrête de te regarder réaliser ! Juste un exemple : un plan large, une route qui va d’un point de l’écran à l’autre. Un personnage ou un véhicule apparaît au loin et parcourt toute la route et par là même tout l’écran. Que c’est beau.. et surtout, que c’est dans un film sur trois ! Si le paysage est pas mortel en plus, c’est un plan qui endort le spectateur. Et le pire : quand le personnage/véhicule arrive au bout de son chemin, il s’apprête à sortir du cadre, et là, panoramique pour le suivre. Ton spectateur se dit que ce plan ne va jamais s’arrêter et il a envie de se suicider.
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Mets du fond dans ta forme ! Par exemple c’est sûr que c’est trop mortel d’avoir la même scène successivement filmée sous différents angles, genre comme si c’était le point de vue de différents personnages qui ont chacun leur propre vision de la scène ! Whaou ! Effectivement c’est cool, sauf si la scène en question n’a absolument aucun intérêt. Genre une fille qui mâche un chewing gum quoi. Oui je sais dans Elephant ça marche. Mais bon dans Elephant si tu veux, on sait ce qui est censé arriver, on sait vers quelle tragédie s’acheminent les différents personnages…
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Aiguise tes ciseaux ! Dans l’écriture ou dans le montage, il ne faut pas hésiter à couper sans états d’âme. Aller à l’essentiel, tailler dans le gras, remettre du nerf… Enlever, modifier, ciseler, c’est presque le plus gros du travail !
Ha je suis bien contente, j’ai l’impression d’avoir fait un texte de méthode à l’américaine avec des commandements et tout (on en reparlera vous verrez). Comment ça y’en a pas 10 ? Ha oui tiens c’est vrai. Mais j’ai plus d’idées là, c’est bête … à vous de trouver les deux derniers…
En fait j’ai surtout mis les trucs qui me semblaient important à préparer en amont parce qu’évidemment sinon on peut continuer longtemps comme ça : achète un micro sinon on entend rien, évite que ton son soit désyncho, évite de filmer des scènes horrifiques dans le noir, parce que quand on a du mauvais matos ça fait une image marron qui plutôt rire que peur.. etc etc...
Mais quand même, un dernier petit conseil pour la route :
si tu as réussi à éviter tous ces écueils et que tu as réalisé un chouette court-métrage, bien écrit, bien filmé, avec une vraie tension et tout, bouge-toi pour le montrer partout et surtout ne le cède pas à un réalisateur moins talentueux qui va en faire un remake marronnasse avec des fautes d’orthographe !
Merci.
La semaine prochaine, je vous fais une liste de conseils pour bien acclimater son chboing à son nouvel environnement.
Commentaires
Pour les courts encore plus que pour tout le reste, faut ecouter St Exupery :
'Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n'y a plus rien à ajouter, mais quand il n'y a plus rien à retrancher'
@Jérémie : merci pour cette petite citation, dis donc ça vole haut aujourd'hui les commentaires... (j'essaie de trouver une blague avec voler, avion, St Exupéry, mais j'ai la flemme.. vous voyez l'idée quoi..)
je ne peux qu'acquiescer à la lecture de ces conseils. Il ne manque selon moi qu'un exemple de court-métrage de type, au scénar irréprochable, au montage léché, et aux personnages tout en subtilité. Je vous propose donc ce court, dans lequel je tiens le rôle principal, exemple même de la finesse et du raffinement cinématographiques :
http://www.dailymotion.com/video/x6...
Conseil n°9 : si tu as dans ton film des rôles comme "Le prof de maths", "Le commissaire de police", ou "la banquière", évite de tous les confier à tes potes de 19 ans.
Conseil n°10 : tu crois que ton générique en images de synthèse est très beau, mais ce n'est pas vrai, il est moche. Remplace le par du texte en Arial sur fond noir ça suffira largement. Et écoute ce que te dit la maîtresse des lieux, retourne bosser ton histoire.
Merci pour tes très bons conseils, surtout pour le tout dernier ;-)
@griot : Tu as raison, une bonne illustration vaut mieux qu'un long discours... ou pas...
(bon ceci dit, moi je suis plus indulgente voire admirative avec les films faits à l'arrache qu'avec ceux dont le générique démarre par "Avec le soutien du CNC/ de la région Centre / de France 2 / de chais pas quoi encore")
@Koko : Très juste, le casting pas crédible, et les fioritures de générique peuvent te décrédibiliser un film en 2 secondes. Et faire rire aux moments qui se veulent chargés d'angoisse qui ne laisse pas indemme (sic).
@Tonio (et Koko) : je suis lourde, hein ?
Le pire, je crois, c'est de voir sur l'écran non pas le film, mais le scénariste/réalisateur sur sa table se disant "putain là ça va faire une scène trop mortelle" - et de constater que de l'idée à la réalisation... bref.
(mon commentaire se poursuivait, normalement, mais il a été coupé au montage)
Et vive les Silhouettes quand elles font Festival ;)
ah je venais voir s'il y avait un nouvel article mais non... Sûrement l'effet terrasse... :p
(merde j'ai utilisé un smiley
rouale)
@Secondflore : ha, merci de faire allusion à ce festival qui a le bon goût de se dérouler à un endroit cher à quelqu'un qui vient souvent commenter ici.
@Griot : des problèmes de montage, pas de nouveaux articles, on se fiche de nous ici ou quoi ?