Auto-bapteme
Par 1fille100histoires le jeudi 29 octobre 2009, 11:00 - La vie, la vie, la vie, la vie - Lien permanent
Hier, alors que je sortais d’un restaurant hellène en compagnie du griot qui venait d’ingurgiter un agneau cuit 15 heures et que jamais il ne digéra, je suis tombée sur ça :
(Croisement de la rue de Belleville et de la rue
Julien Lacroix)
C’est vrai ça, dis donc, que je me suis dit dans un accès de réflexion intense. D’autant plus qu’en rentrant, j’ai retrouvé l’homme qui pense avant de coder qui assénait des mots suspects à Ze Cousin, exprès pour lui faire mal à la tête à coup de “signal_connect” et de “notification sur une call-back” et de “signal tictactoe”.
Les mots peuvent faire mal, et être complètement discriminants !
Ils peuvent aussi te vieillir quand tu t’aperçois que tes expressions sont trop ringardes, ou plutôt, outdated, et que les jeunes disent “j’avoue”, “trop stylé” tous les deux mots et pas toi.
Sans parler des expressions qui viennent d’on ne sait plus trop où et qu’on dit on ne sait pas trop pourquoi, genre l’horrible “au temps pour moi” et autre “deux coups de cuillère à pot” qu’on s’en fout comme de l’an quarante.
Et les expressions malheureusement disparues, comme les architecturales “Cathédrale !” “ogive !” que se lançaient les fanas de romans gothiques anglo-germaniques au XIXème (comme Victor Hugo for example). Pourquoi ont-ils disparus ? C’est pas plus débile que le“tabernacle” québécois.
Pourquoi ne pas s’inventer ses propres expressions :
- Hey ! si jamais t’as le temps d’une moustache on pourrait s’en jeter une gorge !
- Ho ouais, trop galakman ! Quelle idée ogivale !
Pourquoi certains mots et pas d’autres ?
C’est aussi ce qu’on se demande quand on apprend une langue étrangère ou qu’on voit un enfant apprendre à parler. Le langage de ma fille par exemple a eu des phases infiniment plus drôle que le vrai français. Et maintenant qu’elle parle très bien, je regrette presque le temps où elle disait :
- un “banedoum”. Un banedoum, c’était trop beau ! maintenant elle dit pantalon comme tout le monde, ça me fend le coeur.
- un “canecoine” (un canard)
- un “kopank” (un hippocampe)
- une “maman Gou” (un kangourou)
- des “baquestes, une caqueste” (les baskets et autre casquette)
- des “bottines de Nane” (des bottines avec un âne dessiné sur la semelle)
- “c’est beau les paces infili” pour dire “c’est beau l’espace infini” (oui, ma fille est poète, et surtout fan de SamSam)
Des fois, c’est limite si j’avais pas envie de changer mes mots plutôt que de corriger les sien ! Je lui disais “viens on va mettre le banedoum avec les canecoines”. Adopter des mots tout neufs ou retrouver ceux de mon enfance, quand je mangeais des croquettes de glouton et pas du vulgaire poisson pané.
Les noms communs ou propres sont arbitraires. Des fois, on ne se sent pas concerné par l’histoire qu’ils trimballent comme un vieux poids mort. Comme une envie de couper les liens. Et il y a des jours où on se dit que la meilleure solution pour se réinventer soi-même, c’est peut-être de se débarrasser de son nom et de s’en choisir un autre. A défaut de changer de peau, changer d’appellation.
Tout ça pour dire, les amis, que je cherche un pseudo.
(D’ailleurs petite anecdote en passant, quand j’étais petite, j’étais persuadée d’avoir inventé le prénom Eve-Line, que je trouvais trop trop beau pour ma barbie. Et en fait non. Grosse déception)
Et vous, vous n’avez jamais eu envie de vous rebaptiser ?
Commentaires
Parfois on cherche un pseudo et parfois on cherche à faire oublier un pseudo. Tu demanderas à L'homme Qui Pense Avant De Codé qui étaient cachés derrière les pseudo de Skyhoope, Mystical et Escape ...
J'ai fait un fôte de grammaire ;_; dans mon commantaires
@Maman de U et D : ben moi j'ai fait une faute (minimum) dans mon poste et j'arrive pas à la corriger alors tu vois le niveau ! Sinon, Skyhoope c'est quand même fort seyant...
En attendant ton patronyme définitif je vote pour Léo Biduline.
@Cady Hunter : merci de ton implication dans mon auto-baptême. C'est très joli Léo Biduline, j'aime beaucoup. Mais ça ne m'étonne pas de toi, chère Cady, tu es si habile dans le nommage !