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Tag - expo de corps humains

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samedi 25 avril 2009

Dans la peau (partie 3)

Rhoo ben dites donc, vous avez vu ça, l’expo qui est ma source d’inspiration constante vient d’être interdite. J’espère que ça ne va pas causer des problèmes à M.D qui est toujours caché derrière son panneau…

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(Pour les besoins de l’histoire, je vous prie d’accepter que son ancienne voisine soit une chinoise qui est retournée dans son pays et qui a été condamnée à mort. En vous remerciant…)

Dans la peau (partie 1)

Dans la peau (partie 2)

 

Et voici la suite :

Monsieur D. s’était rapproché d’une autre silhouette dont les organes vitaux avaient été placés au bout de fines baguettes invisibles. A chacun de ses mouvements, les organes se déplaçaient comme s’ils voletaient autour de lui. A chacun de ses mouvements…

C’était tout bonnement impossible. Monsieur D. qui était d’un esprit plutôt rationnel, savait pertinemment que nos sens peuvent nous tromper. D’ailleurs, il n’y avait qu’à faire 5 mètres et lire le panneau sur les neurotransmetteurs pour avoir une idée de l’infinie complexité de la machinerie humaine. Mais une chose était sûre. Quand le corps est mort, il ne peut plus bouger.

Seulement voilà, tous les corps morts autour de lui étaient bel et bien en train de bouger, de s’étirer, de faire des rotations de tête, fatigués de leur journée d’immobilité. Seul le « tapis humain », enveloppe de peau vide ne bougeait pas. Le joueur d’échec le relava et s’en coiffa pudiquement, faisant une sorte de turban qui empêchait que l’on contemple son cerveau, découpé en plusieurs morceaux. Ils se rapprochaient, semblaient discuter mais leur cordes vocales, quand il leur en restait, n’émettaient que des secs chuintements assez désagréables. M.D sentit une goutte de sueur glacée perler sur son front. Il venait de penser à son amour de jeunesse, l’insaisissable Chuang-Mu, qui était là, tout près de lui. Au bord de l’asphyxie, il se tourna vers elle. Elle le regardait. D’un mouvement du globe oculaire, elle l’invita à s’approcher. Il fit un pas en dehors de sa cachette et toutes les silhouettes écorchées se tournèrent vers lui.

Il essaya de les ignorer et s’approcha de celle qu’il avait bien identifiée comme étant Chuang-Mu. Elle semblait n’avoir plus aucune force pour se tenir debout et s’appuya contre le mur. Il n’avait à présent plus aucun doute. Elle paraissait si gênée qu’elle baissait la tête, paraissant beaucoup plus timide qu’autrefois. Le cœur de Monsur D. battait si fort qu’il eut peur qu’il n’explose. Il faut dire que c’était comme s’il voyait une femme pour la première fois. Plus nue que nue… Il avança la main et prit sa belle à demi-écorchée dans ses bras pour la relever. Gardant les yeux baissés, très simplement, elle porta ses mains à sa poitrine et s’arracha le cœur pour le lui offrir. Toutes les silhouettes écorchées applaudir. Leur paumes dépourvues de peau produisaient un son étrange et peu chaleureux mais Monsieur D. apprécia. Il était si heureux qu’il tomba dans les pommes.

 

Un verre d’eau glacée suffit à le réveiller. Les gardiens étaient autour de lui, avec des figures peu amicales. Le commissaire de l’exposition, confortablement installé le toisait.

- ça va vous coûter cher.

Monsieur D. entra dans une rage folle et traita le commissaire d’exposition de trafiquant d’organes, de pornographe morbide et de maquereau de macchabées. Il allait révéler à tous le monde le calvaire que ces pauvre morts vivaient, à rester immobiles, impudiquement offerts au regard des autres. Il avait des relations, dit-il sur un coup de bluff et le lendemain il pouvaient faire interdire l’exposition.

- Peu importe, nous avons des dates prévues à New-York, à Tokyo, à Londres et partout dans le monde sur au moins 15 ans ! Par contre, vous allez devoir payer pour le corps que vous avez endommagé.

Monsieur D. eut beau expliquer qu’il avait eu en main lui avait été offert volontairement par sa propriétaire. Et que d’ailleurs il y tenait beaucoup. On lui en demanda 50 000 euros, le coût nécessaire pour plastiner un autre cœur et le transplanter. Monsieur D. n’avait pas cette somme mais pour conserver le présent, le sacrifice de Chuang-Mu, il était prêt à tout.

 

Après de longues heures de négociation, il trouva une solution. Il lui en coûta un bras, qu’il offrit de bon cœur.

 

 

FIN

 

(HA HA HA)

jeudi 19 mars 2009

LA FICTION FRANCAISE C EST NUL !

Aujourd’hui moi aussi j’ai plein de nanalyses (oui une nanalyse, tu connais pas ?) à faire sur la fiction française !

A ceci plusieurs raisons

PREUMSO : un article de mon chouchou Samuel Gontier qui se moque de la série de TF1 Seconde Chance, et auquel, vous remarquerez, j’ai laissé un commentaire. Samuel s’étonne du fait qu’un personnage arrive apparemment sans raison dans les locaux de la boîte de pub que tous les personnages travaillent, ont travaillé ou travailleront dans cette boîte et que sinon ils vont dans un café impersonnel. Son article est drôle et bien vu, c’est vrai que ça paraît absurde.

Mais les responsables qu’ils pointe du doigt sont innocents !

 

elena_lenina_sur_le_tournage_de_star_date_image_diaporama_paysage copyBen oui si ça ne tenait qu’aux scénaristes, les personnages iraient au Monoprix, à une expo de corps humains, au Mac Do, à un concert de roi de la pop mort vivant ou même dans l’espace ! et ils prendraient le métro, notamment la ligne 7bis (ha non ça ce serait pas crédible).

Hé oui, ça ferait plus naturel comme dans la vie… Mais il y a des contraintes de lieux parce que ben… ça coûte cher ! Dans le théâtre classique ou le boulevard par exemple, on passe pas notre temps à se demander “Mais pourquoi diable se parlent-ils dans le couloir entre deux portes, dis donc ?”.

On accepte, ça fait partie du contrat entre le spectateur et la scène, on sait qu’on doit faire un effort d’imagination et c’est ce qui rend le théâtre magique.

Dans la télé, on veut pas du magique, on veut du crédible.

Mais comme dans tous les domaines du monde fabuleux du travail, les scénaristes ont un cahier des charges et tout est dicté par des contraintes budgétaires ! Alors si on a trois lieux on a trois lieux. Et d’ailleurs ce serait bien de répartir équitablement les trois lieux dans chaque épisode, hein, qu’on construise pas un décor pour rien. Et là le casse-tête commence, à savoir, comment faire pour que les personnages se rencontrent, se parlent, que 30 % des scènes ait lieu dans l’entreprise, 30% à la maison et 30% au café ? De là, la surabondance de personnages qui tiennent un café, parce qu’ils sont bien pratiques !

Et puis à mon avis, caser “On a tous droit à une seconde chance” dans chaque épisode de Seconde Chance, c’est aussi dans la bible (oui on dit la bible, pas le cahier des charges, c’est quand même plus spirituel).

D’un point de vue “Ecriture”, moi je trouve ça stimulant, on a l’impression de faire un sudoku géant. ça donne un côté Oulipien et ludique en même temps que des repères rassurants. Y’a pas de page blanche, y’a des cases, à nous de les remplir astucieusement… Bon j’arrête avec ma métaphore du sudoku, moi, je pense qu’on a compris l’idée.

D’un point de vue de spectateur par contre, ça donne une impression d’enfermement (il y a peu d’extérieurs, ça coûte cher les tournages en extérieur) ou d’absurdité.

C’est dommage, mais ça ne risque pas de s’arranger parce que c’est pas pour dire mais j’ai pas l’impression que le financement de la fiction soit au coeur des préoccupations des chaînes en ce moment. La téléréalité et les rediffusions, ça coûte moins cher et l’audience est déjà acquise !

 

DEUZ’: Heureusement une lueur d’espoir quand même dans le journal dans sa tête de Jean-Christophe : c’est la fin de l’ère du conflit lumineux.

Maître Koko vous dirait que pendant longtemps les producteurs et les chaînes ne juraient que par le conflit lumineux. A savoir le personnage a un choix à faire : l’un est bon, l’autre est mauvais et ouf, il choisit le bon. Mais le spectateur n’a aucun doute, Julie Lescaut ou Navarro ne deviendront jamais des  ripoux !

ça fait approximativement 2014 ans que la tragédie grecque a inventé le fatum pour que les personnages commettent l’irréparable et 373 ans que Corneille nous a démontré l’efficacité d’un dilemme insoluble mais c’est pas grave. A la télé, les personnages ont longtemps été entiers et lumineux. Lisse et chiants quoi.

Heureusement il semblerait qu’enfin les masques tombent, que les fêlures apparaissent… Et là on s’apercevra que les incongruités de décor, c’est quand même pas le plus grave !

 

Pour conclure : La fiction télé est un domaine duquel on ne peut pas dire “c’était mieux avant !”.

Seconde Chance a beaucoup de défauts mais quand même, sur la même chaîne à la même heure, souvenez-vous

(Attention les âmes sensibles, ça colle des crises d’angoisse. Moi j’ai tenu 2minutes 53 en sautant l’insoutenable générique… et vous ?)

OU alors le film d’horreur du dimanche soir sur Antenne 2…

 

Au secours faut que j’aille vomir !